L’insurtech Qiti

10/12/2021 • La Tribune

En ciblant l’expat, l’insurtech Qiti s’ouvre un marché (de niche) mondial. Si elle vise, dans un premier temps, le marché hexagonal et ses trois millions de Français qui vivent à l’étranger chaque année, elle prévoit aussi de cibler les cinq millions d’étrangers venant vivre en France annuellement. Avant de se déployer vraiment à une échelle plus internationale.

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Basée sur le modèle du courtage en assurance, la startup basée à Nice a développé une brique d’intelligence artificielle qui lui permet d’affiner et de préconiser plus précisément le conseil apporté au candidat à la vie à l’étranger, expatrié ou digital nomade. Une solution qui s’appuie également sur une collaboration avec l’INRIA et son laboratoire Neo. Si elle vise, dans un premier temps, le marché hexagonal et ses trois millions de Français qui vivent à l’étranger chaque année, elle prévoit aussi de cibler les cinq millions d’étrangers venant vivre en France annuellement. Avant de se déployer vraiment à une échelle plus internationale.

On le sait, la crise n’est pas uniquement le signe d’évènements négatifs, elle est aussi génératrice d’opportunité. C’est presque grâce aux confinements que Qiti a vu le jour, somme toute rapidement. Courtier en assurance depuis 20ans, Christophe Bremard sent bien que le modèle traditionnel, qui fonctionne certes très bien, manque d’un allant nouveau. Spécialiste du courtage dédié aux assurances de personnes et plus particulièrement des expatriés, il estime que le modèle traditionnel ronronne et qu’un potentiel de faire mieux est réel. « La question était, soit on continue de façon artisanale, soit on change de braquet ». Ce sera la seconde option. Et il faut pour cela une discussion avec son voisin, Guillaume Dion, pour valider une nouvelle orientation, ce dernier étant expert en IA et transformation digitale.

Asseoir l’idée technologique

Ainsi naît Qiti, opérationnelle depuis septembre 2021, son capital étant détenu par Christophe Bremard, majoritaire, à 55%, les 45% restants étant équitablement répartis entre Guillaume Dion et Claudie Croizet. Accompagnée par l’incubateur PACA-EST, basé à Sophia-Antipolis – « c’est comme un label qui reconnaît que nous sommes réellement innovants, c’est aussi une reconnaissance de la part de l’écosystème » – la startup obtient rapidement un financement de la part de BPI France via un prêt à l’innovation et de la Banque Populaire Méditerranée, pour un montant total de 200 000 euros.

Le rapprochement avec le laboratoire Neo de l’INRIA – également implanté à Sophia-Antipolis – vise à continuer à perfectionner la brique d’intelligence artificielle développée par Qiti, qui a fait l’objet d’un dépôt de brevet. « Nous adosser à un laboratoire de recherche nous permet d’asseoir l’idée technologique », indique Christophe Bremard.

Les perspectives d’un marché mondial

Et ce que veut Qiti, c’est assurer les expatriés comme les digital natives. « En fonction des attentes, de la durée de l’éloignement, de la situation de famille…, la solution évolue et n’est pas la même pour tous les profils. Nous proposons la solution la plus adaptée afin que l’assuré demeure en protection totale ». Ici, l’intelligence artificielle « vérifie, évalue, préconise », explique le dirigeant. Elle vérifie par exemple l’adéquation des contrats et leur conformité, elle évalue les garanties, prend en compte le climat social et politique d’un pays… « Notre souhait est de faciliter l’accès à l’assurance ».

Le marché adressé par Qiti est certes un marché de niche – les expatriés et les digital nomades – mais c’est un marché qui concerne les 3 millions de Français qui s’expatrient chaque année. Un marché large, à fort potentiel. Sachant que dans un second temps, l’insurtech compte agrandir sa cible et adresser aussi les 5 millions d’étrangers qui s’expatrient depuis leur pays, vers la France. Sans compter qu’au global, on dénombre 66 millions d’expatriés dans le monde.

Levée de fond envisagée en 2022

Le passage à une échelle plus internationale figure bien évidemment sur la feuille de route de Qiti, qui imagine son développement telle une fusée à étages. « Nous fonctionnons brique par brique. Ce qui nous intéresse c’est la mise en sécurité. Nous voulons rendre ses lettres de noblesse à l’assureur, qui n’est pas juste un encaisseur de primes. »

Qiti estime qu’elle fait partie des rares acteurs de l’assurance à avoir intégré l’intelligence artificielle dans son modèle. Et qui revendique une « logique client plutôt qu’une logique produit ». C’est d’ailleurs, dit-elle, ce qui provoque un intérêt appuyé de la part d’investisseurs. Une levée de fonds d’un montant de 1,5 million d’euros est prévue pour se concrétiser en 2022, tour de table qui servira à financer l’équipe de développeurs, déjà identifiée. Un rythme de trois recrutements par trimestre est prévu pour 2022. Qiti, qui devrait clôturer son premier chiffre d’affaires à 250 000 euros, prévoit que celui-ci atteigne 2 millions d’euros en 2023.

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